Emilie Pitoiset, L'ordinaire de la multitude
Emilie Pitoiset, L'Ordinaire de la multitude du 11 avril au 23 mai 2009
Avec une prédilection particulière pour les équilibres fragiles, les défigurations, les postures et les mouvements anti-naturels, Emilie Pitoiset reconstitue et invente des situations empreintes de cruauté, face auxquelles de simples réactions de compassion ou de scandale ne semblent pas suffire.
Son travail exprime une corporalité contrainte, proche de celle de la danse, de la chorégraphie et du dressage.
La narrativité des œuvres oscille entre le document et la pure invention, ce qui renvoie le visiteur à ses propres facultés de perception - elles aussi limitées par des contraintes accablantes, notamment le besoin de discerner à tout prix la vérité de l'illusion - en créant des points de fiction au moment même où le doute trouble sa vision.
Alors que la littéralité quelque peu embarrassante de la présentation bloque l'élément potentiellement violent et émotionnel des pièces (par choc, par banalité), des doutes concernant leur vérité, non moins troublants, prennent alors place. On y découvre une beauté anti-tragique, angoissante et sans véritable volonté de but.
Se font ainsi deviner, par confrontation, par frisson, et sans aucun élément cathartique, les éléments de la construction affective de nos réels.
(Marc Clément)
With a distinct predilection for fragile equilibriums, defacings or unnatural postures and movements, à‰milie Pitoiset reconstitutes or invents situations replete with cruelty, which viewers cannot fully grasp through plain responses of compassion or shock.
Her work deal with physical constraints as in dance, ballet, or animal training. Pitoiset's works, whose narrative constructions oscillate between documentary practice and pure invention, confront viewers with their own perceptive faculties and their necessary limitations, such as the obsessive desire to distinguish truth from illusion.
In doing so, they create openings toward fiction that come into play at the very moment in which the viewers' perception is hampered by doubt.
While the somewhat embarrassing literalness of the work's presentation thwarts a potentially violent and emotional reaction (whether through shock or banality), no less disquieting doubts as to their veracity become more acute.
One can then apprehend the distressing notion of anti-tragical beauty, which in Pitoiset's work remains without effective resolve.
The elements of our affective construction of reality reveal themselves through a thrilling confrontation without the slightest hint of possible catharsis.
(Marc Clément)
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Emilie Pitoiset, I have already seen that before (2009) tirage sur papier argenté, rhodoïd, Possibilités de relations réciproques (2009) feuilles de métal (photographies : A. Mole)
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Emilie Pitoiset, Liebe ist kà¤lter als der Tod (2009) tirage sur papier argenté, Une seule erreur (2009), Marathon #1 (2009) Marathon #2 (2009), tirage sur papier argenté, Sans titre (2009) tirage sur calque
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Emilie Pitoiset, Marathon #1 (2009), Marathon #2 (2009) tirage sur papier argenté, Sans titre (2009), tirage sur calque
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Emilie Pitoiset, Liebe ist kà¤lter als der Tod (2009)
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Emilie Pitoiset, Just Because #5 (2008), Just Because #2 (2008), Just Because #4 (2008), Just Because #3 (2008), tirages sur papiers argentés