Etienne Chambaud a appelé sa première exposition personnelle à Paris Les Abîmes. « C'est assez dire: abîme et satire de l'abîme ». L'exposition est un départ, un point, vers la conquête d'espaces fragmentaires et faits d'entre-deux. Elle est faite de passages, de trouées et de limites. On pourrait se dire qu'une telle exposition voudrait réfléchir la figure des Abîmes. Mais les abîmes, qu'est-ce que c'est? C'est un lieu inhabitable et indécis, entre le sans-fond et le fond du fond. Un lieu que le langage ne clôture pas.
C'est une hypothèse. Il y en a une seconde. Car si Les Abîmes ne nomment plus seulement ce que réfléchirait cette exposition ou ce qui la compose - des objets, collages, néons, photographies, peintures, sculptures - mais le lieu de cette exposition, la galerie Lucile Corty, alors on peut se demander si comme toute production, celle des abîmes, disons, celle de l'abîme, ne vient pas remplir ce qu'elle creuse. Ainsi, exposer Les Abîmes ce serait les remplir, les combler, le comble de l'abîme.
Qu'est-ce qu'il reste? - Des restes. Encore une fois, « c'est assez dire: abîme et satire de l'abîme ».
Etienne Chambaud (né en 1980) vit et travaille à Paris. ll a suivi les formations de la Villa Arson et de l'Ecal, ainsi que le Post Diplôme de l'Ecole des Beaux Arts de Lyon. Son travail a récemment été exposé à la Biennale de Lyon (sur une invitation de Pierre Joseph) ; à Wallspace Gallery, New York, From a Distance..., (commissaire Vincent Honoré). Vous pouvez retrouver son travail au MacVal, Stardust, (commissaire Frank Lamy), jusqu'au 3 février 2008, ainsi qu'au Plateau, dans le cadre des nouvelles acquisition du Frac Île de France, Rooms, Conversations, jusqu'au 17 février 2008.
Etienne Chambaud has entitled his first solo exhibition in Paris The Abyss. "It is enough to say: abyss and the satire of the abyss". The exhibition is a starting point, a step on the way towards conquering fragmentary spaces made up of the betwixt and between. It consists of passageways, gaps and boundaries. One could say that such an exhibition seeks to reflect the figure of the Abyss. But what is an abyss exactly? It is an uninhabitable and indefinite place, between the bottomless and the rock-bottom. A place that language fails to enclose.
That is one hypothesis. There is another one. For if The Abyss no longer refers merely to what this exhibition might reflect or be made up of - objects, collages, neon lights, photographs, paintings, sculptures - but to the site where the exhibition is held, the Lucile Corty gallery, then we might wonder, as is the case with all productions, whether the production of the abyss does not in fact fill the hollow it creates. Thus, exhibiting The Abyss would equate to filling and overfilling (combler ) the abyss, to reaching the height of the abyss (le comble de l'abîme ).
What is left over? - Leftovers. Once again, "it is enough to say: abyss and the satire of the abyss."
Etienne Chambaud (born in 1980) lives and works in Paris. In addition to training at the Villa Arson and Ecal, he was awarded the Post Diplôme by the Ecole des Beaux Arts of Lyon. Following an invitation by Pierre Joseph, his work has recently been shown at the Biennale in Lyon ; at Wallspace Gallery, New York, From a Distance... (curated by Vincent Honoré). His work is currently on view at at the MacVal, Stardust (curated by Frank Lamy) until the 3rd February 2008 and at the Plateau, as part of the Frac's (Ile de France) new collection, Rooms, Conversations, until the 17th February 2008.

Monument ouvert #1, OSB aggloméré de saule pleureur, 200x90cm, 2007, Le Comble, 2007, peinture acrylique et magnétique sur toile, documents divers, aimants, 200x130cm (photo: Aurélien Mole)

Monument ouvert#2, 2007, OSB aggloméré de désespoir du singe, 200x90cm, La Feuille Blanche, 2007, collage, 13,5x9cm (hors cadre)

La Feuille Blanche, 2007, collage, 13,5x9cm (hors cadre)

Vue d'exposition, Monument ouvert #2, 200x90cm, The Black Square (exclusion de la tautologie #3, 2007, néon lumière noire, 50x50cm

La clef des champs, 2007, collage sur carte postale, 33,5x29cm, La llave del campo, 2006, collage sur carte postale, 33,5x29cm

Position Actuelle de l'Idéalisme, (avec Benoît Maire) 2007-2008, papier peint, cartes postale, épingle

Vue d'exposition

L'Epochè Fantastique, 2007, projection de 74 diapositives

L'Electricité (exclusion de la tautologie #2), 2007, lampe en aluminium

Le soir qui tombe, 2007, collage sur carte postale, 33,5x29cm
Satire de l'Abîme, 2007 tirage photographique, 60x50cm, E3+2AP, (prise de vue Aurélien Mole)